Le 26 mai 2026, Amazon a officiellement déployé Alexa+ en France. Fini l’assistant qui se contente d’allumer les lumières et de lancer une playlist Spotify, la nouvelle version repose sur un modèle de langage maison capable de tenir une vraie conversation, de mémoriser vos habitudes, et de s’interfacer avec des services tiers comme Uber, Deliveroo ou Doctolib.
Avec un abonnement à 19,99 €/mois (gratuit pour les membres Prime), Amazon attaque frontalement ChatGPT et Gemini sur le marché grand public. Et profite d’un avantage hardware massif : 110 millions d’enceintes Echo déjà installées dans les foyers européens. On a testé pendant 48 heures. Verdict en demi-teinte.
Alexa+ : ce qui change vraiment par rapport à l’ancienne version
L’ancienne Alexa fonctionnait sur un système de commandes rigides. Avec l’ancienne version, dire « Alexa, mets ma playlist du matin » lançait simplement la commande sans comprendre le contexte. Une formulation comme « Alexa, mets de la musique sympa pour réveiller mes enfants » restait incomprise.
Alexa+ utilise désormais un large language model propriétaire d’Amazon, baptisé en interne Nova LLM, dérivé du Titan model développé pour AWS. Concrètement, on peut dire des phrases naturelles, longues, avec des nuances. L’assistant comprend, demande des précisions si nécessaire, et garde le fil sur plusieurs minutes. C’est la même logique qui anime GPT-5.5 Instant chez ChatGPT, avec une logique de mémoire étendue.
Mémoire personnelle : Alexa+ retient qui vous êtes
La grosse différence avec ChatGPT ou Gemini : Alexa+ se souvient. Vos préférences musicales, votre plat préféré, l’heure à laquelle vous vous levez, le nom de vos enfants, le médecin que vous voyez habituellement. Tout ça est stocké côté Amazon (chiffré, selon Amazon) et permet à l’assistant de personnaliser ses réponses au fil du temps.
Intégrations tierces : Uber, Deliveroo, Doctolib, SNCF Connect
Le vrai game changer en France, ce sont les intégrations. On peut dire « Alexa, commande-moi un Uber pour aller chez Pierre dans 10 minutes » et le trajet est passé. Pareil pour réserver une consultation médicale via Doctolib, commander un repas chez Deliveroo, ou acheter un billet de train SNCF Connect, sans toucher au téléphone. Une approche similaire à ce que propose Claude avec ses 200 connecteurs déployés ce mois-ci.
Notre test sur 48 heures : ce qui marche, ce qui rame
On a installé Alexa+ sur une enceinte Echo Show 10 (3ᵉ génération) et on a vécu deux jours en pilote automatique vocal. Voici les bons points et les ratés.
Les bons points
- La compréhension contextuelle : on peut dire « Alexa, comme hier mais avec moins de sel » et l’assistant comprend qu’on parle de la recette du dîner de la veille.
- Les conversations longues : on a tenu une discussion de 15 minutes sur la fiscalité française, et Alexa+ a tenu le fil sans perdre la trace.
- Les réservations : Uber et Doctolib fonctionnent à merveille. Zéro friction.
- La voix : la nouvelle voix « Lucie » est beaucoup plus naturelle, avec des intonations crédibles.
Les ratés
- Latence aléatoire : parfois 2 secondes, parfois 8. Frustrant pour des commandes simples.
- Hallucinations sur les sujets pointus : on lui a demandé un conseil sur Windows 11 et elle nous a sorti une commande PowerShell inexistante.
- Compréhension accents : ma collègue belge a dû répéter trois fois pour commander un café.
- Vie privée : la mémoire personnelle est désactivable, mais elle est activée par défaut. Pour aller plus loin sur ces enjeux, voir notre dossier sur la nouvelle alerte Contact de confiance de ChatGPT.
Combien coûte Alexa+ et comment l’activer ?
Alexa+ coûte 19,99 €/mois avec engagement mensuel sans durée, ou 199 €/an en paiement annuel (économie de 40 €). Le service est gratuit pour les abonnés Amazon Prime (49,90 €/an), ce qui en fait clairement la voie d’entrée la plus rentable pour qui n’est pas encore membre. Plus de détails sur le blog officiel Amazon.
Étapes pour activer Alexa+ sur l’enceinte Echo
- Mettez à jour l’application Alexa sur votre smartphone (iOS ou Android).
- Ouvrez l’app, allez dans Plus, Paramètres, Votre profil.
- Activez l’option « Passer à Alexa+ » et choisissez votre mode de paiement (ou connectez votre compte Prime).
- Sur l’enceinte, dites « Alexa, passe à la nouvelle version ». L’enceinte télécharge la mise à jour et redémarre.
- Configurez votre mémoire personnelle, Alexa+ vous pose une série de questions pour apprendre à vous connaître.
Alexa+ face à ChatGPT et Gemini en 2026
La force d’Alexa+, c’est qu’elle est déjà installée chez vous. Pour ceux qui ont déjà une enceinte Echo ou une box Fire TV, rien à installer. On active, on parle, ça marche. ChatGPT a une app vocale très puissante mais nécessite de sortir le téléphone. Gemini est intégré à Android et Google Home, mais l’écosystème Echo reste plus mature en France.
En revanche, sur la pure performance cognitive (réflexion, analyse, code), ChatGPT-5.4 et Claude Mythos restent largement devant. Alexa+ est pensée comme un assistant domestique optimisé, pas comme un copilote de travail. Pour un assistant de travail, mieux vaut viser ChatGPT ou Claude. Pour libérer ses mains et automatiser le quotidien, Alexa+ est imbattable côté maison connectée. C’est aussi ce qui motive le méga-deal Anthropic-SpaceX pour booster la puissance de Claude.
Faut-il sauter le pas tout de suite ?
Pour les membres Amazon Prime, oui, immédiatement. C’est gratuit, et l’expérience est nettement supérieure à l’ancienne Alexa. Aucun risque à essayer.
Pour les non-membres Prime, mieux vaut attendre 2 à 3 mois. Les premières semaines d’un déploiement massif sont toujours marquées par des bugs serveur (on a eu deux pannes de 20 minutes pendant le test). Et la mémoire personnelle progresse vite, l’expérience à 6 mois sera meilleure qu’à J0.
Les militants de la vie privée peuvent passer leur chemin. La centralisation des données chez Amazon est inhérente au produit. Désactiver la mémoire personnelle te ramène à un usage proche de l’ancienne Alexa, donc autant rester sur la version classique.

