Le Pentagone vient de signer un accord majeur avec Google. Le ministère américain de la Défense utilisera Gemini pour ses opérations classifiées. Cette décision marque un revirement, puisque Donald Trump avait ordonné en mars de cesser tout usage de Claude dans les administrations américaines. Anthropic se retrouve ainsi écartée d’un marché stratégique au profit de son concurrent direct.
Un revirement à plusieurs centaines de millions
L’accord conclu cette semaine porte sur l’utilisation de Gemini, le modèle d’intelligence artificielle de Google, pour des opérations classifiées du Pentagone. Le montant exact n’a pas été dévoilé, mais les analystes estiment l’enveloppe à plusieurs centaines de millions de dollars sur plusieurs années.
Google ne sera pas seul. Le département de la Défense a en réalité signé avec sept géants de la tech : Google, OpenAI, Microsoft, Amazon Web Services, SpaceX, Nvidia, ainsi qu’une startup baptisée Reflection. L’objectif annoncé est de diversifier les fournisseurs IA et d’éviter toute dépendance à un seul acteur. La source officielle est consultable sur CNN Business.
Anthropic, pourtant pionnier sur la sécurité de l’IA, ne figure pas dans la liste. Une absence qui n’est pas due au hasard.
Le rôle de Donald Trump dans cette décision
En mars 2026, le président américain a publié une directive ordonnant à toutes les administrations fédérales de cesser l’usage de Claude, le modèle d’Anthropic. La raison invoquée publiquement portait sur des désaccords stratégiques entre l’entreprise et la Maison-Blanche.
Cette directive a eu un impact immédiat. Les agences gouvernementales qui utilisaient déjà Claude ont dû basculer vers d’autres solutions. Le Pentagone, qui finalisait à l’époque ses appels d’offres IA, a logiquement écarté Anthropic.
Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, a tenté un rapprochement en avril en visitant la Maison-Blanche. La société a aussi dévoilé Mythos, son outil dédié à la cybersécurité défensive, dans l’espoir de se repositionner sur un terrain où elle est très compétitive. Anthropic avait d’ailleurs déjà collaboré avec OpenAI sur la sécurité des modèles d’IA. Sans succès pour l’instant.
Ce que ça change concrètement
Pour les utilisateurs européens et français, l’impact est indirect mais réel.
D’abord, Google va injecter d’énormes ressources dans Gemini pour répondre aux exigences de sécurité du Pentagone. Cela bénéficiera à la version grand public et professionnelle du modèle. Attendez-vous à des évolutions rapides chez Gemini sur les sujets de raisonnement, sécurité et confidentialité.
Ensuite, Anthropic va devoir compenser cette perte. La société vient justement de boucler une levée de 40 milliards avec Google sur la partie infrastructure cloud, malgré ses récents engagements financiers sur d’autres dossiers. Elle dispose donc des moyens financiers pour rebondir, et ses équipes vont probablement accélérer sur les marchés européens et asiatiques où elle reste libre de toute restriction.
Enfin, ce contrat illustre une tendance lourde : les géants de la tech américaine deviennent des acteurs stratégiques de la défense. Ce qui pose des questions éthiques que les régulateurs européens commencent à aborder, notamment dans le cadre de l’AI Act.
La fragmentation de l’écosystème IA s’accélère
Cette affaire révèle une fragmentation grandissante du marché de l’intelligence artificielle. Selon les pays, les cas d’usage et le contexte politique, les utilisateurs verront un modèle privilégié plutôt qu’un autre. Aux États-Unis, Gemini gagne du terrain dans le secteur public, alors que GPT-5 reste accessible gratuitement au grand public. En Europe, Claude reste très présent dans les entreprises soucieuses de souveraineté. En Chine, ce sont les modèles locaux qui dominent.
Pour le grand public, cela signifie qu’aucun modèle ne sera vraiment universel. Mieux vaut connaître les forces de chacun et savoir basculer selon ses besoins.

